19 Juin 2015

Smic et immobilier, la particularité de la région Ile-de-France

Poids lourd de l’économie française, la région IDF représente 30% du PIB Métropolitain avec 624 milliards d’euros. Ce dynamisme économique bénéficie-t-il à ses 12 millions d’habitants ?

L’analyse des déclarations fiscales des foyers franciliens, 6,6 millions au total, révèle que plus d’1,6 millions d’entre eux déclarent un maximum de 12000 € de revenus annuels. Pour rappel, le SMIC net s’établit à 13644 € sur 12 mois, pour 35 heures hebdomadaires. C’est donc 1 foyer francilien sur 4 qui gagne moins que le SMIC.

Pour ces personnes, est-il vraiment opportun d’habiter en IDF, surtout s’ils caressent l’espoir de devenir propriétaires. Les inconvénients ne sont-ils pas trop nombreux ? En voici quelques-uns :

  • Prix de l’immobilier très élevé ;
  • Temps de transport interminables ;
  • Pollution ;
  • Pratiquement 1 million de chômeurs dans cette seule région.

Avec une capacité d’emprunt de 58 000 € sur 15 ans ou 72 000 € sur 20 ans, un smicard vivant seul n’a quasiment aucune chance d’accéder au statut de propriétaire. Bien sûr, devenir propriétaire n’est pas une fin en soi. Mais pour les smicards franciliens qui en rêvent, la question ne se pose même pas : les prix démentiels pratiqués dans cette région rendent ce rêve inaccessible. En couple, la situation n’est guère plus rose.

L’espérance de progression de salaire pour un smicard est faible. Dans ce cas, pourquoi rester dans une région qui vous transforme en esclave des temps modernes ? Vous survivez juste assez pour payer un loyer, vous nourrir et vous détruire la santé dans des temps de transport à rallonge, parfois 3 à 4 heures par jour, tout en subissant un niveau de stress permanent, à tous les niveaux : financier, professionnel, personnel, etc.

Est-ce une fatalité ? Non, fort heureusement.

Quitter cette région et s’installer dans une ville moyenne de province, ou sa périphérie, est une opportunité à envisager.

Les offres d’emplois au SMIC sont nombreuses sur tout le territoire et concernent tous les domaines d’activités. Commerce, hôtellerie, restauration, services, industrie, bâtiment, construction, etc. Vous implanter en province, avec le même niveau de salaire, vous garantit presque à coup sûr de trouver un nouvel emploi. Quitter un emploi au SMIC en région parisienne pour un autre emploi au salaire minimum en province ne présente ni les mêmes risques ni les mêmes enjeux que si vous émargez à 2 ou 3.000 euros mensuels. Dans ce cas, effectivement, votre recherche sera plus complexe et plus risquée, mais pas impossible.

Admettons que vous venez de trouver un emploi en province. Reste à vous loger. Bonne nouvelle, l’immobilier vous réserve de bonnes surprises. A l’achat, vous pourrez, selon les régions, acquérir un appartement de 2 à 4 pièces, voire une petite maison. Inimaginable en IDF. Si vous louez, avec un seul SMIC, vous pourrez vous loger très convenablement.

Les logements sociaux sont également plus accessibles. Tant au niveau des loyers que des délais d’obtention.

Nous sommes bien d’accord qu’un smicard ne va pas se transformer en millionnaire en partant vivre en province. Mais son niveau de vie va s’améliorer, du seul fait des économies réalisées sur l’immobilier. C’est autant d’argent épargné pour financer d’autres projets (automobile) ou, tout simplement, pour pimenter le quotidien (vacances, sorties, etc.).

Vous vous inquiétez pour les distances à parcourir pour aller travailler ? Vous avez raison et posséder un véhicule est obligatoire si vous souhaitez rester autonome. Même si vous faites 30 à 40 kilomètres pour aller au boulot, quelle distance croyez-vous qu’un banlieusard parisien couvre chaque jour ? Se déplacer du fin fond des Yvelines, de l’Essonne, de Seine-et-Marne, du Val-d’Oise, de Seine- Saint-Denis, demande de parcourir la même distance, voire beaucoup plus, qu’en province. Avec l’énorme inconvénient d’être dans les flux sursaturés du matin et du soir car les infrastructures, routes ou transports en communs, ne peuvent engloutir des millions de personnes de façon fluide. Ce phénomène n’existe quasiment pas, ou à une toute autre échelle, en province.

Les villes moyennes offrent des équipements publics dont vous pourrez enfin profiter parce que vous aurez du temps et de l’argent à y consacrer. Chose inenvisageable en région parisienne.

Passer d’une économie spéculative à une économie productive c’est le pouvoir détenu par le smicard francilien exploité par le système, pressé par des bailleurs peu scrupuleux. Il peut tous les envoyer paître en partant s’installer en province et profiter, enfin, d’un niveau de vie convenable. La perspective d’une vie meilleure est là, à la portée de tous.


Laurent Criado